Printemps 2026 – Madère (portugal)
Madère en randonnée : notre itinéraire de 10 jours
Du 5 au 15 mai 2026, nous avons passé 10 jours sur cette île incroyable, entre montagnes, levadas, falaises et petits villages accrochés aux pentes volcaniques, pour y faire surtout de la randonnée. Chaque journée nous a permis de découvrir un nouveau coin spectaculaire de l’île, souvent après quelques bonnes montées… mais toujours avec des vues qui en valaient largement l’effort.
Voyage en avion
Le voyage vers Madère a commencé avec un peu plus d’aventure que prévu. Nous avions une escale à Lisbonne, mais un temps d’attente beaucoup trop long à la sécurité nous a finalement fait manquer notre vol vers l’île. Disons que le début du voyage a été un peu stressant! Heureusement, après quelques ajustements d’horaire et un peu de patience, nous avons finalement réussi à embarquer pour Madère.
L’arrivée sur l’île est d’ailleurs une expérience en soi. L’aéroport Cristiano Ronaldo de Madère est réputé pour sa piste d’atterrissage particulière, construite en partie sur des piliers au-dessus de la mer. Entre les vents, les montagnes et l’approche impressionnante, les atterrissages peuvent parfois être sportifs et il n’est pas rare que certains vols soient retardés, déroutés ou annulés lorsque les conditions météo sont moins favorables.
Mais une fois les roues bien posées sur la piste et les bagages récupérés, tout le stress disparaît rapidement. Dès les premiers paysages aperçus en sortant de l’aéroport, on comprend qu’on est arrivé dans un endroit vraiment unique.
Hébergement en AirBnB
Pour la première moitié du voyage, nous étions installés dans un AirBnB à Santa Cruz, tout près de l’aéroport, ce qui était parfait pour explorer l’est et le centre de l’île. Nous avons ensuite déménagé à Madalena do Mar, près de Ponta do Sol, sur la côte sud où le soleil est presque toujours au rendez-vous. C’est à partir de là que nous avons exploré le sud, le nord et l’ouest de l’île.
Même si Madère n’est pas une très grande île — elle mesure environ 57 km de long — le fait d’avoir deux points de chute différents nous a permis de garder des temps de transport assez raisonnables, généralement autour de 45 minutes ou moins par jour. Nous avions loué une voiture pour toute la durée du voyage et, honnêtement, ça rend les déplacements beaucoup plus simples et agréables.
Voiture pour se déplacer
Nous avions une petite Fiat, ce qui s’est avéré être un excellent choix. Les routes de Madère sont souvent étroites, sinueuses et parfois très abruptes. Une petite voiture est beaucoup plus pratique pour circuler dans les villages, croiser d’autres véhicules dans les rues étroites et se stationner. Il y a aussi énormément de tunnels qui permettent de traverser rapidement l’île d’un secteur à l’autre. Par contre, conduire à Madère demande quand même une certaine aisance au volant!
Nouveau système de réservation des randonnées
Depuis cette année, plusieurs randonnées de Madère doivent être réservées à l’avance et nécessitent le paiement de quelques euros. C’est un peu contraignant, surtout parce que la météo change rapidement sur l’île et qu’il est parfois difficile de prévoir plusieurs jours d’avance quelle sera la meilleure journée pour partir en randonnée. Ça laisse donc moins de flexibilité dans l’horaire.
De notre côté, nous avions réservé toutes nos randonnées à l’avance… mais, à notre grande surprise, personne ne nous a jamais demandé de preuve de réservation sur les sentiers! Cela dit, il semble qu’il soit possible de recevoir une amende en cas de contrôle. Et puis, au final, ces frais servent probablement à l’entretien des sentiers et à l’amélioration des infrastructures touristiques de l’île.
La météo
La météo à Madère est clairement l’un des éléments qui marquent le plus un voyage sur l’île. En l’espace d’une même journée, on peut passer du grand soleil à la pluie, puis au brouillard complet en quelques minutes seulement. Le vent peut aussi être très présent, surtout en altitude, ce qui rend certaines randonnées beaucoup plus exigeantes que prévu.
L’île est aussi très contrastée selon les régions. Le nord est généralement plus humide et plus vert, avec davantage de nuages et de précipitations, tandis que le sud — notamment autour de Ponta do Sol et de la côte ensoleillée — profite souvent d’un climat beaucoup plus stable et sec. C’est d’ailleurs pour cette raison que beaucoup de voyageurs choisissent de s’installer sur le versant sud pour une partie du séjour.
En mai, les températures sont globalement agréables, mais très variables selon l’endroit où l’on se trouve. Sur la côte, notamment au sud autour de Ponta do Sol, on peut généralement s’attendre à des températures autour de 19 à 24 °C le jour, avec des soirées plus douces autour de 16 à 19 °C. C’est souvent la zone la plus stable et la plus ensoleillée de l’île.
En montagne, par contre, les conditions sont complètement différentes. Autour des sommets comme le Pico do Arieiro ou le Pico Ruivo, les températures peuvent facilement descendre entre 5 et 10 °C, voire plus bas avec le vent et l’humidité. Le ressenti peut changer rapidement avec les nuages et les rafales, même en pleine journée.
Quoi apporter
Dans les bagages, il faut donc être bien préparé : des vêtements en plusieurs couches, faciles à ajouter ou retirer selon les conditions, sont essentiels. Il est aussi important d’avoir des vêtements qui sèchent rapidement, car la pluie peut arriver à tout moment. Et bien sûr, de bonnes bottes de randonnée imperméables sont presque indispensables pour profiter pleinement des sentiers, peu importe la météo du jour.
Avant de commencer le récit détaillé de notre voyage, voici un court vidéo récapitulatif de nos 10 jours à Madère. On y retrouve quelques-uns des paysages et randonnées qui ont marqué notre séjour : montagnes, levadas, falaises, villages côtiers et points de vue spectaculaires. Une belle introduction à cette incroyable île de randonnée.
Voici un bref résumé des randonnées et des endroits que nous avons explorés durant notre séjour. Vous y trouverez nos impressions, quelques conseils pratiques ainsi que les points forts de chaque journée, le tout accompagné de plusieurs photos pour donner un aperçu des paysages incroyables de l’île.
Première tentative au Pico Ruivo
Pour notre première randonnée à Madère, nous avons choisi la populaire PR 1.2 qui mène jusqu’au Pico Ruivo en partant de Achada do Teixeira. Il s’agit d’un aller-retour d’environ 6 km avec près de 300 mètres de dénivelé. La randonnée est relativement courte, mais offre normalement des vues spectaculaires sur les montagnes de l’île. Comme plusieurs autres sentiers officiels de Madère, elle est maintenant payante et doit être réservée à l’avance.
Malheureusement pour nous, la météo n’était pas de notre côté cette journée-là. Nous avons passé pratiquement toute la randonnée dans les nuages, avec très peu de visibilité. Normalement, avant de partir en randonnée à Madère, on vérifie les webcams des montagnes pour voir où se trouvent les nuages et on ajuste notre plan de la journée en conséquence. Mais avec le nouveau système de réservations, c’est un peu plus compliqué d’être flexible à la dernière minute.
Heureusement, nous avons eu l’occasion de reprendre notre revanche un peu plus tard durant le voyage et de découvrir cette magnifique randonnée dans de bien meilleures conditions!
Ponta de São Lourenço : randonnée emblématique
Le lendemain, nous avions au programme l’une des randonnées les plus connues de Madère : la PR8 de Ponta de São Lourenço. Cette randonnée, également payante, fait environ 7 km aller-retour avec un dénivelé d’environ 400 mètres. Contrairement aux sentiers plus verts et montagneux du centre de l’île, ici le paysage est beaucoup plus sec et désertique, avec d’impressionnantes falaises plongeant dans l’océan de chaque côté du sentier.
C’est une randonnée extrêmement populaire, donc il vaut vraiment mieux y aller très tôt le matin ou plus tard en fin de journée pour profiter du coucher de soleil et éviter la foule. Nous avons choisi de partir tôt et c’était clairement la bonne décision. Au retour, le sentier était rempli de monde!
Les paysages nous ont beaucoup fait penser à certains coins de l’Écosse, avec les falaises, le vent et les couleurs plus sauvages du littoral. Les vues tout au long du parcours sont magnifiques. Il y a aussi un très beau miradouro juste avant le stationnement, parfait pour avoir un premier aperçu spectaculaire de la péninsule avant même de commencer la randonnée.
La levada Los Balcoes et Pico Arieiro (Stairway to heaven)
Le jour suivant, nous avions prévu deux courtes randonnées, mais avec une météo encore une fois un peu capricieuse.
Le matin, nous avons fait la levada dos Balcões, une petite randonnée très accessible d’environ 3 km aller-retour avec presque aucun dénivelé. Le sentier traverse une belle forêt de lauriers typique de Madère et mène normalement à un belvédère offrant une vue sur la vallée de Ribeiro Frio et les montagnes environnantes. Malheureusement, de notre côté, la randonnée s’est terminée sous la pluie et nous n’avons pas eu la chance de voir le fameux point de vue des Balcões… un peu frustrant sur le coup, mais ça fait partie du jeu à Madère.
En fin de journée, nous avons ensuite fait une section de la PR1 au niveau du Pico do Arieiro, le troisième plus haut sommet de l’île. La PR1 complète relie normalement le Pico do Arieiro au Pico Ruivo, mais elle doit être réservée longtemps à l’avance, se fait en sens unique et seulement certains jours (vendredi, samedi et dimanche), avec en plus la nécessité d’organiser un transport pour revenir au point de départ. On trouvait tout ce système un peu compliqué, donc nous avons choisi de faire seulement une portion du sentier.
Et honnêtement, on ne l’a pas regretté. La section que nous avons faite, incluant le célèbre passage surnommé le « Stairway to Heaven », était tout simplement spectaculaire. Malgré des vents très forts, les vues sur les crêtes et les montagnes étaient vraiment impressionnantes, presque irréelles par moments. Une très belle randonnée, même sur une courte portion.
L’accès au départ de la randonnée est aussi un peu particulier : il y a deux stationnements payants. Le premier est très proche, mais limité à environ une heure, ce qui est trop court pour une randonnée. Le deuxième permet de rester plus longtemps, mais il se trouve à environ 800 mètres du début du sentier, ce qui ajoute une petite marche d’approche.
Boca do Risco : entre mer et falaises
Nous avons aussi fait une section de la GR1 en direction du belvédère de Boca do Risco. Pour rejoindre le départ du sentier, nous avons traversé une zone plus rurale où l’on découvre de superbes paysages agricoles en terrasses, typiques de Madère. C’est déjà une belle immersion en soi, avec des petits chemins, des cultures en pente et des points de vue sur la côte.
Une fois sur le sentier principal, la randonnée devient beaucoup plus spectaculaire : le chemin longe littéralement la falaise, avec le vide d’un côté et l’océan en contrebas. L’impression de marcher suspendu au-dessus de la mer est vraiment saisissante par moments, surtout avec le vent et les panoramas ouverts sur la côte.
C’est une randonnée qui nous a beaucoup plu. Elle n’est pas payante, contrairement à plusieurs autres sentiers de l’île, mais elle est assez populaire. Il peut donc y avoir beaucoup de voitures stationnées dans la petite route d’accès, ce qui demande parfois un peu de patience pour se trouver une place.
Retour au Pico Ruivo
Comme nous étions un peu restés sur notre faim lors de notre première tentative du côté du Pico Ruivo, nous avons décidé d’y retourner par temps clair. Cette fois-ci, nous sommes partis tôt, avant 8 h, afin de profiter de la plage horaire où il est encore possible d’accéder au sentier sans réservation (en dehors des heures officielles de réservation).
Et nous n’avons vraiment pas regretté notre décision. Les conditions étaient parfaites et nous avons été complètement récompensés : des vues dégagées sur les crêtes, les montagnes et les vallées environnantes, avec une lumière du matin incroyable. C’était tout l’opposé de notre première expérience dans les nuages, et clairement l’un des moments forts du voyage à Madère.
Levada Nova et Moinho : un coup de cœur
Ensuite, nous avons fait une superbe boucle combinant la Levada Nova et la Levada do Moinho, l’un de nos plus gros coups de cœur du séjour à Madère. La randonnée fait environ 10 km et offre un très bel équilibre entre paysages verdoyants, passages techniques et points d’intérêt tout au long du parcours.
Dès le départ, nous avons commencé tôt le matin, ce qui était une bonne décision vu l’affluence plus tard dans la journée. Le sentier alterne entre sections faciles et passages beaucoup plus exposés, parfois sans clôture, ce qui demande un peu d’attention, surtout sur les portions étroites au bord de la levada.
En chemin, nous avons aussi traversé un tunnel, ce qui ajoute un petit côté aventure à la randonnée. La fin du parcours est particulièrement mémorable, avec le passage juste en dessous de deux magnifiques cascades — un moment vraiment impressionnant et rafraîchissant.
Le retour, lui, était beaucoup plus fréquenté, avec de nombreux randonneurs sur le sentier. Heureusement, nous avions déjà bien profité de la tranquillité du matin. Et surtout, cette randonnée est gratuite, ce qui en fait une excellente option pour découvrir les levadas sans contrainte. Clairement un énorme coup de cœur du voyage.
Petite parenthèse pour expliquer ce que c’est une levadas…
Les levadas sont un élément emblématique de Madère. Il s’agit de canaux d’irrigation construits à partir du XVIe siècle pour transporter l’eau des zones très humides et montagneuses du nord vers les terres plus sèches du sud, où se concentrent les cultures. Aujourd’hui encore, elles jouent un rôle important dans la gestion de l’eau sur l’île.
Ce qui rend les levadas si particulières pour la randonnée, c’est que des sentiers d’entretien les longent presque toujours. Ces chemins, souvent plats et en plein cœur de la nature, permettent de suivre le tracé de l’eau à travers des paysages variés : forêts luxuriantes, falaises, vallées et tunnels creusés dans la roche. C’est pour cette raison que beaucoup de randonnées à Madère empruntent ces anciennes infrastructures, offrant des parcours accessibles et spectaculaires à la fois.
La forêt mystique de Fanal
Ensuite, nous avons visité la forêt de Fanal, un endroit vraiment à part sur l’île. Située sur le plateau de Paul da Serra, cette forêt fait partie de la laurisylve, une forêt humide subtropicale classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. On y trouve des arbres très anciens, souvent tordus par le vent et le temps, dont certains auraient plusieurs centaines d’années. Le résultat est une ambiance presque irréelle, surtout quand le brouillard s’installe.
C’est aussi un endroit connu pour ses fameuses vaches qui paissent librement dans les prairies ouvertes autour des arbres, ce qui ajoute encore au côté paisible et un peu hors du temps du lieu. Selon la météo, Fanal peut être totalement dégagé ou complètement enveloppé de brume, ce qui en fait un spot très populaire pour la photographie et les séances photo “mystiques”.
Nous n’avons pas fait de grande randonnée sur place, mais simplement profité du site et de ses paysages uniques. La route pour s’y rendre à travers le plateau de Paul da Serra fait déjà partie de l’expérience, avec de grands espaces ouverts et des points de vue sur les montagnes environnantes. Une visite plus contemplative que sportive, mais vraiment mémorable.
Levada do Alecrim sous la pluie
Notre Dernière randonnée à Madère : Caminho Real do Paul do Mar (PR19)
Nous sommes partis tôt le matin de Prazeres pour descendre les quelque 2500 marches de pierre qui mènent jusqu’au village de Paul do Mar. Le sentier descend environ 560 mètres de dénivelé sur seulement 1,8 km, ce qui donne une pente assez impressionnante par endroits.
Les marches sont faites de nombreuses petites pierres irrégulières, typiques des anciens chemins de Madère. C’est très beau et plein de caractère, mais ça demande aussi beaucoup d’attention, surtout à la descente où les jambes travaillent constamment pour absorber l’impact. Finalement, j’ai même trouvé la remontée moins difficile que la descente!
La randonnée est spectaculaire du début à la fin. Le chemin serpente à flanc de falaise avec des vues magnifiques sur l’océan Atlantique et la côte sud-ouest de l’île. En descendant, on réalise à quel point ces anciens sentiers devaient être essentiels avant la construction des routes modernes. On imagine facilement les habitants transporter nourriture, marchandises et matériel entre les villages à pied.
Une fois rendus à Paul do Mar, nous avons pris le temps de marcher un peu dans le village, avec ses petites rues tranquilles, ses maisons près de la mer et son ambiance beaucoup plus détendue. Puis est venu le moment de remonter les marches une dernière fois pour conclure notre séjour de randonnée à Madère.






































































































